Tribune pour la souveraineté des travailleurs de la terre, de la mer et de la route


Tribune pour la souveraineté des travailleurs de la terre, de la mer et de la route

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| AGRICULTEURS EN COLERE | Communiqués de Presse | Mobilisation 2 mai Paris  Vu 3047 fois
Article N°29213

Tribune pour la souveraineté des travailleurs de la terre, de la mer et de la route

Le 2 mai place Vauban à Paris, nous réclamons notre liberté.
 
Il y a des moments où le silence devient une faute. Nous, paysans, pêcheurs, éleveurs, viticulteurs, transporteurs routiers, sommes à l'un de ces moments. Le 2 mai, au lendemain de la Fête du Travail, nous appelons tous les travailleurs des secteurs productifs à faire entendre, ensemble, ce que nos gouvernants refusent d'écouter : nous voulons vivre de notre travail. Librement.

    Des promesses, des rapports, des plans. Voilà ce que l'on nous sert depuis des années. Pendant ce temps, nos modèles économiques s'effondrent sous le poids d'une énergie dont les prix ne redescendent plus — malgré la fin des crises invoquées pour justifier leur envolée. Depuis 2021, le coût de l'électricité a explosé. On nous a dit : c'est la Covid. Puis : c'est l'Ukraine. Et
demain ? Ce sera le Moyen-Orient. Les conflits se succèdent, les prétextes s'accumulent, mais les factures, elles, ne baissent pas.
 
    La souveraineté énergétique est la condition de toutes les souverainetés. Sans énergie accessible, il n'y a pas de souveraineté alimentaire. Il n'y a pas de transport, pas de production, pas de vie décente pour nos familles. On nous propose des éoliennes à l'arrêt les jours sans vent, du solaire au sol qui dévore les terres agricoles, de l'agrivoltaïsme dont les équipements dépendent demain de chaînes d'approvisionnement chinoises fragilisées par les tensions géopolitiques. On nous vend une transition sans nous donner les moyens de la financer, ni les garanties de la réussir.

    Nous sommes capables de produire nos propres carburants. La filière biocarburants existe, elle fonctionne, elle attend. Nos céréales, nos betteraves, nos huiles végétales peuvent alimenter nos tracteurs, nos camions, notre économie rurale. Mais pendant que l'on taxe encore les carburants fossiles sans offrir de véritable alternative accessible, on étouffe les secteurs qui pourraient précisément nous en affranchir. Cette incohérence n'est plus tolérable.

    Nous ne sommes pas des enfants. Nous respectons la nature parce que nous en vivons. Nous connaissons nos terres, nos rivières, nos forêts mieux que n'importe quel expert de bureau. Nous n'avons pas besoin qu'on nous dicte nos pratiques au quotidien, ni qu'on nous inflige des contrôles incessants qui épuisent sans protéger. Ce qu'il nous faut, c'est la confiance — et la
liberté d'entreprendre dans un cadre stable, juste, et lisible.

   L'instabilité est notre ennemi commun. Instabilité des prix des céréales sur les marchés mondiaux. Instabilité des revenus pour les éleveurs, les viticulteurs, les maraîchers. Instabilité des conditions d'exploitation pour les transporteurs routiers, dont les marges disparaissent entre le coût du gazole et la pression tarifaire des donneurs d'ordre. Nous subissons les chocs de crises que nous n'avons pas créées, sans que l'État nous offre les amortisseurs que nous méritons.

Nous posons nos solutions sur la table depuis trop longtemps. Régulation des marges dans les filières alimentaires. Soutien réel à la production de biocarburants. Tarifs énergétiques compatibles avec nos modèles économiques. Simplification des contrôles. Stabilisation des revenus. Reconnaissance de nos métiers comme métiers essentiels — parce que c'est ce que nous sommes. Nous ne sommes pas écoutés.

 


Le 2 mai, nous demandons le droit de travailler, le droit de vivre
décemment de nos revenus, et le droit de préparer l'avenir pour nos enfants.


 
Nous appelons tous les travailleurs des secteurs productifs — agriculteurs, pêcheurs, éleveurs, viticulteurs, transporteurs — à se mobiliser le 2 mai. Non pas dans la violence, mais dans la clarté et la détermination. La Fête du Travail a rappelé hier ce que nos aînés ont conquis. Demain, c'est à nous d'affirmer ce que nous refusons de perdre.

Rendez-nous notre liberté. La liberté d'entreprendre. La liberté de produire. La liberté de construire, dans nos fermes, sur nos bateaux, dans nos camions, pour nos familles et pour ce pays qui ne peut survivre sans nous.

 

Agriculteurs en Colère

Lien :https://agriculteursencole.smartrezo.com/index.html

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